
Un matin au réveil, un rêve, une douceur.
Cet automne-là, au Québec, les dénonciations ont déferlé. Metoo. Dans mon coeur et mon corps. Des souvenirs enfouis, des blessures à vif. Des prises de conscience ont suivi. La colère. L’éducation familiale, scolaire, religieuse. Sois gentille et tais-toi, écoute et obéis, laisse-toi faire. Les coups montés par l’autorité, et transmis d’une génération à l’autre.
Un matin, un rêve vînt apaiser la tempête. Ouvrir une éclaircie. J’avais oublié le bref passage de cet homme dans ma vie. Il y a plus de 40 ans déjà, il appliquait un baume sur une année difficile. Dans ce rêve j’ai marché vers lui. Il m’a accueillie doucement dans ses bras. D’un geste aimant qui n’impose rien, ne demande rien. Mon réveil fut imprégné de cette douceur apaisante. Elle a teinté ma journée jusqu’au soir. J’ai voulu lui écrire, poser un geste pour le remercier.
S’il y a des hommes à dénoncer, il y en a d’autres à remercier.
Pour garder vivante cette éclaircie, j’ai voulu l’inscrire sur une toile. Du centre lumineux, elle a pris son ampleur en spirale bleu tendre.
© Marielle Dubois
»Avec nos yeux avec nos mains, nous nous serons à peine vus, nous serons-nous touchés à peine… » Claude Léveillé

Une éclaircie bleu tendre
Acrylique et encre24x30x1.5po
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