Les meubles

Il est certes souhaitable de diminuer la consommation et l’obsolescence programmée qu’elle entraîne. On peut appeler ça de la simplicité volontaire, de l’autosuffisance ou de la  »déconsommation », ma première motivation vient tout simplement de mon tempérament créatif. C’est plus fort que moi, la créativité s’impose, et mon budget l’approuve. J’aime faire, fabriquer de mes mains ce dont j’ai besoin à partir de rien, ou presque. J’aime expérimenter, improviser, transformer, j’aime apprendre, réinventer. Qu’on parle meubles, vêtements, nourriture, qu’on parle musique, peinture, écriture… Pas surprenant finalement que j’aie opté pour l’autoédition! J’y reviendrai.

Pour commencer, parlons meuble. La fabrication maison des meubles m’a toujours semblée une option intéressante, compte tenu du prix des meubles neufs de qualité. Ceux de prix plus abordables sont la plupart du temps laminés et collés. Ils sont moins résistants et affectent la qualité de l’air. La fabrication maison permet de choisir les matériaux et d’adapter les dimensions aux besoins et à l’espace disponible. Très différents des meubles dans les magazines, ils ont l’avantage d’être uniques et restent d’allure très respectables. Et que dire du sentiment de fierté !

Vous trouverez plus bas des exemples de projets réalisés et quelques photos illustrant les étapes de réalisation. J’espère qu’ils sauront vous inspirer. Les modèles restent simples et faciles à réaliser avec un peu de logique et des outils de base. S’agit de commencer par des petits projets, l’expérience vient avec le temps. Dites-vous bien que si je réussis à faire ça, c’est à la portée de tous. Voici d’abord quelques informations sur ma façon de faire.

Je vis dans un 3 1/2. Mon atelier et mon coffre d’outil sont réduits au minimum nécessaire. Aucun outil lourd : scie sauteuse et perceuse électrique, marteau et tournevis. Ciseaux à bois, clous et vis, et papier sablé. Quelques croquis de départ laissent place à l’improvisation. L’improvisation comporte bien sûr des risques de perte et d’erreurs. C’est la vie! Les coûts restent ici minimes, le bois utilisé est peu coüteux ou récupéré. L’improvisation remplit en contrepartie un besoin essentiel : la joie et la liberté de créer!

J’ajuste le travail à mes capacités. Les efforts sont limités en utilisant des pièces de bois légères, faciles à manipuler, et en assemblant les pièces à portée de main sur une table de travail d’une hauteur confortable. Je travaille à mon rythme, je prends mon temps, quitte à étaler un projet sur plusieurs jours. Je tiens à ce que les choses restent simples et agréables. Zen.

Le bois est récupéré ou acheté en quincaillerie. Autant que possible, j’utilise ce que j’ai sous la main. Une grande pièce de bois intéressante est souvent réutilisée plusieurs fois, selon de nouveaux besoins ou suite à un déménagement. Assemblés sans colle, les meubles peuvent être facilement démontés. Tout est vissé ou dévissé à la main, rien ne presse, et ça reste un excellent exercice.

 

Cette bibliothèque a été fabriquée avec quelques planches de pin et des pièces d’épinette (1×2 et 1×3). Versatile, ses 2 parties sont indépendantes et peuvent être séparées au besoin. Les portes ont été récupérées sur une petite armoire désuète et la peinture écologique achetée à prix réduit lors de la fermeture d’une boutique. Commentaire digne d’un magazine : les poignées peintes en vert ajoutent une note joyeuse à l’ensemble.

Cette jardinière a été construite avec 12 planches de dimensions égales achetées pour quelques dollars dans une vente de garage. Dans leur ancienne vie, elles constituaient la base d’un lit simple standard de 39 pouces. La jardinière aura donc 39 pouces de long, et la largeur sera celle d’une de ces planches coupée en 2 parties égales. Les tailles sont ainsi réduites au minimum. Des planches de cèdre récupérées composent le plancher de la jardinière. Le cèdre offre une bonne résistance à l’humidité et un écart a été laissé entre les planches pour faciliter l’écoulement de l’eau.  

Des planches d’épinettes (1×3) composent la structure de ma table de cuisine. Chaque patte est formée de 2 planches assemblées à 90 degrés. Deux autres planches à la base augmentent la stabilité du meuble et servent de repose-pied. J’ai relevé le défi de réaliser des joints emboités avec un équipement rudimentaire : scie sauteuse et ciseau à bois. C’est en essayant qu’on prend le tour. Les derniers sont mieux réussis que les premiers. Sans être parfaits, ils sont très respectables et remplissent à merveille leur tâche de solidifier et stabiliser la table. Une tablette de ma salle de bain et le dessus d’un meuble devenu inutile ont fourni les planches de pin pour fermer le dessus de la table. Très satisfaite du résultat. Je l’utilise depuis plusieurs années et elle ne bronche pas!

Au début de la pandémie, le désir d’autosuffisance est monté d’un cran. J’ai voulu créer un espace à ma portée pour les pousses et germinations. Sur certaines de ces photos, vous apercevrez ma table de travail réalisée aussi avec les planches d’une base de lit simple. Pour les côtés de l’étagère, j’ai séparé et utilisé des portes persiennes récupérées l’année précédente. Avant d’assembler l’étagère, j’ai posé des lattes (1×2) à égalité sur chaque côté pour supporter les tablettes. En grand nombre, elles permettent de changer la hauteur des tablettes à volonté. Les lattes de la persienne ont grandement facilité la mise à niveau des tablettes. Pour stabiliser l’ensemble, la tablette du bas a été vissée en place de l’extérieur et une large pièce de bois a été fixée à l’arrière, à une hauteur qui me permettait bien sûr de visser confortablement sans trop me pencher, les 2 côtés de l’étagère étant maintenus debout entre 2 meubles. Des pièces transversales ont été ajoutées à l’arrière pour augmenter la solidité de l’ensemble. Un reste de peinture blanche a suffi pour harmoniser le tout. Ne restait plus qu’à installer les autres tablettes à la hauteur voulue.

3 comments

  1. Vraiment super inspirante!
    J’ai eu un flash ce matin… Utiliser par exemple, le «cadre» d’un bureau antique, les tiroirs étant souvent déglingués, et en faire une étagère ou autre…?

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