
Ce soir la lune est pleine
j’ai fait un tour près des plaines,
des femmes seules se promènent
des pas de joie
des pas de peine. 1
1989. Je vivais à Québec, rue Fraser, quartier St-Jean-Baptiste. Un soir de pleine lune, j’ai pris une marche sur les plaines. Une femme marchait seule sous les arbres du Jardin Jeanne-d’Arc, j’ai reconnu près d’elle le vide laissé par l’homme que je quittais. Sur le trottoir de la Grande-Allée, une vieille dame marchait seule, d’un pas décidé. J’ai reconnu en elle, 30 ans d’avance, mon pas et ma canne. À la porte du Petit Quartier, j’ai capté quelques mots d’une conversation entre 2 jeunes femmes qui entraient devant moi. Une voulait partir, l’autre s’installer, au moment où j’hésitais entre les deux.
Partir. Le choix était difficile à faire. J’avais quand même le choix, c’est déjà bien. Nos mères n’avaient pas eu cette chance.
1 © Marielle Dubois. Extrait du recueil de chansons et poèmes, Une infinie tendresse, p.16.
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