
Au réveil ce matin-là, les images d’un rêve s’imprégnaient dans mon esprit. C’était au coin de Leduc près du carré Vaudreuil. Aucune voiture. Dans la rue que des piétons, quelques vélos. Une maman avec une poussette et un plus grand qui marchait à côté. Un vieil homme avec une canne. D’autres passaient, vaquaient à leurs occupations. Près du coin y avait des musiciens. Un trombone, un saxophone. Assis pas loin, un accordéoniste les accompagnait. Au lampadaire des ballons accrochés.
Un air de fête, mais tranquille. Comme si c’était toujours comme ça. Aucune surprise, on se promenait.
Bien éveillée ensuite, j’ai continué à rêver. Dans les rues j’ai ajouté d’abord de grands arbres. De grands chênes et des érables. puis des arbres fruitiers. Des pommes, des poires, des cerises. Des rangées de lilas, amélanchiers et spirées fleuries. Des bordures de lavande et de marguerites. Du côté nord des tales de sceau de salomon, des fougères et des iris sauvages. Des points d’eau, mares et fontaines. Et aussi de quoi cueillir et manger. Framboises, fraises et bleuets. Et fallait s’y attendre, se sont ajoutés plein d’oiseaux, des papillons, des libellules et des grenouilles.


Facile de rêver. Et alors?
Sur l’asphalte, pas loin de mon ami le cerisier, j’ai installé ma causeuse. Quelques smart pots à côté. Du cassis, des gadelles et des gojis. Un vinaigrier pour faire de l’ombre. Sur un plateau rempli d’eau une petite fontaine à l’énergie solaire trouvée en quincaillerie. Quelques abeilles y sont venues se désaltérer, les écureuils et les chats du quartier.
Et puis?
J’ai vu de belles choses à Gatineau. J’ai connu des gens bien. J’ai peint les couchers de soleil de la marina, un arbre au lac Lemay, les trilles dans le parc et le cerisier dans ma cour. J’ai vu les efforts de la ville pour ajouter des arbres et des plates-bandes fleuries le long des rues. J’ai vu des voisins et amis s’impliquer et faire de leur mieux pour verdir leur cour. J’ai fait ce que j’ai pu dans ma cour. J’ai visité les pistes cyclables. Tout ça est merveilleux et appréciable bien sûr. Tout ça me paraît quand même bien peu bien tard. Désolée. Je vieillis, la chaleur du centre-ville m’est devenue insupportable. C’eut été suffisant pour me convaincre. Je suis partie vers des lieux plus verts.
À Gatineau, je rêvais.

© Marielle Dubois, juillet 2024.
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Que c’est beau Marielle. Tes toiles sont superbes! Merci de partager.
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