
19 aout 2022. Roger m’a téléphoné ce matin-là pour me dire qu’on t’avait trouvé chez-toi dans ton fauteuil, sans vie, avec dans tes écouteurs, le chant des oiseaux. J’ai marché près de la rivière, là où le Ruisseau de la Brasserie rencontre la Rivière des Outaouais, à Gatineau. T’aurais aimé ce racoin sauvage, les arbres poussent où ils veulent bien pousser.
J’ai entrepris cette toile d’après les photos ramenées. Oser barbouiller. À ta façon de barbouiller, tes toiles comme ta vie : aucune règle à suivre. Ne pas réfléchir. Faire confiance à l’inspiration. Suivre l’élan. Quitte à se surprendre soi-même. Oser aller où on ne t’attend pas.
Donc, que le mouvement soit spontané, fluide, comme ça vient. Oser peindre avec mes doigts, pour sentir le contact, lâcher la précision. À l’avant plan, des feuilles de vinaigrier cueillies sur place et imprimées sur la toile. Pour retrouver l’énergie du lieu. Préciser seulement les contours devant, pour souligner la perspective.
Cette phrase de toi s’est imposée : » Le temps s’écoule à une vitesse folle. J’irais même jusqu’à dire qu’il devient parfois absolu et intemporel, ce qui me soulage du fardeau qu’il me créait. »
J’ai connu Jean Bernard à Québec dans les années 80. De 90 à 2010 nous étions voisins à Orléans en Ontario.
Sa créativité m’impressionnait. M’inspirait.
Que dire du lien qui nous unissait? Surprenant, créatif, tortueux, joyeux, cahoteux, inévitable.
Aussi idiot que sage, ill sortait des sentiers battus, il prenait des raccourcis imprévus, il barbouillait de travers.
Et moi, aussi idiote que sage, ben, je l’aimais.











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