Pour la mère de Gaétane

Voilà qu’on se rencontrait là, voisines, amies, à la coop à Orléans, Ottawa. Moi, de Rivière-â-Pierre, toi de St-Léonard, le village voisin dans Portneuf. Attirées là par le même espoir d’une communauté sereine. Méditation, végétarisme, et la volonté d’y croire.

Tu disais que ça passerait, que ce n’était qu’un gros relâchement de tension, difficile, mais temporaire.  Je l’ai espéré aussi. Tu nous a quittés. Cancer du sein. Pas de miracle, si ce n’est que tu est partie sereine, entourée de ta famille. Les cerisiers ont refleuri après l’hiver, comme si de rien n’était.

Tu nous laisses un sourire’.

Sereine aussi, j’étais là, présente, tout simplement.  C’est quand j’ai vu ta mère s’occuper de toi que mon cœur a chaviré. Dans ta chambre, à l’hôpital, elle brossait doucement les cheveux de sa fille, Le désarroi dans ses yeux, de voir tant de cheveux emportés par la brosse.

Quelques années plus tard, j’ai visité Mme Benoît à St-Raymond. Elle avait laissé sa maison pour vivre en chambre. Heureuse de voir une amie de Gaétane. Elle disait que sa fille lui manquait toujours beaucoup.

L’infinie tendresse d’une mère.

Où t’en vas-tu ma p’tite fille ma plus grande,

Ta voix s’éteint tes cheveux tombent,

Je me souviens, mon bébé ma première,

tes cheveux tes sourires, c’était hier

Où t’en vas-tu? C’est moi qui devais partir avant toi.

© Marielle Dubois, extrait du recueil ‘Une infinie tendresse’.

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